Les-Animaux-Fantastiques-affiche-francaise-révéléePour ceux qui ne me connaissent pas, il faut savoir que je suis tombée dans l'univers d'Harry Potter il y a un an à peine, après avoir lutté contre pendant des années. Je trouve que J. K. Rowling n'écrit pas bien, mais qu'elle est une très bonne conteuse. J'aime ses personnages (ceux qu'elle prend la peine de développer, du moins), son univers. Je la trouve géniale, mais il m'a fallu une certaine maturité pour passer outre tous ses défauts. Les Animaux Fantastiques m'a rendue heureuse pour une raison toute simple : j'y ai surtout trouvé ce que j'aime chez elle, et presque rien de ce qui m'agace. C'était un film tout simplement magique, sans exploit, sans esbroufe, un divertissement facile et agréable. Le genre de film qui m'aurait rendue complètement gaga il y a 15 ans. Alors forcément, malgré ses nombreux défauts, j'ai passé un bon moment. Il devrait séduire les Potterhead les plus acharnés, mais aussi les amoureux de magie.

Pour les spoilers (pas trop, mais un peu quand même), c'est maintenant !

Commençons, si vous le voulez bien (autrement vous n'avez qu'à sauter un paragraphe, hein) par ce qui, à mes yeux, fait le charme de ce film : ses personnages. Newt Scamander est un jeune homme aux yeux d'enfant, qui a le courage de défendre ses idées et un comportement malicieux. Comment ne pas s'y attacher ? Il en va de même pour l'adorable et touchant Kowalski, moldu embarqué comme nous dans cette histoire, mais sans jamais se contenter d'être un simple personnage neutre et observateur. Ses manières, ses rêves, son enthousiasme et son pragmatisme le rendent irrésistible.

C'est globalement assez rare que des personnages masculins, dans la pop culture, aient ces caractéristiques (plutôt que la force, le courage et un aspect mystérieux qui les rendent sexy), je trouve ça rafraîchissant. Et puis, hourrah ! Il s'agit probablement du premier personnage avec de l'embonpoint que l'auteur ne présente pas comme un méchant et sur lequel elle ne fait pas de fat-shaming.

Tina et sa sœur forment également un sympathique duo aux accents comiques, et, oh surprise, aucune des deux ne s'avère l'intérêt amoureux de leurs comparses masculins. Enfin, ça n'empêche pas les histoires d'amour d'inévitablement d'arriver, mais au moins, les demoiselles ont un vrai rôle et une vraie personnalité. Pour moi, Tina faisait écho à Judy, la lapine de Zootopie, car on devine en filigrane les dizaines de nanas badass de la pop-culture dans son caractère. Quant à Queenie, on n'arrive pas trop à savoir si c'est sa bonne humeur, sa gentillesse, son ouverture d'esprit ou ses super-pouvoirs, mais on ne peut pas s'empêcher de bien l'aimer aussi. En fait, d'ordinaire, je déteste sortir d'un film et ne pas avoir beaucoup d'adjectifs qui me viennent pour parler des personnages. Donc là, je me lâche !

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Et je n'oublie pas, bien sûr, que Colin Farrell a fait une apparition remarquable en tant que personnage secondaire de ce film. Que Eddie Redmayne surjoue fort correctement (ça change de Jupiter Ascending ahahahahahahah - pardon), et que de nombreux acteurs que je ne connaissais pas encore m'ont fait une excellente première impression. On oubliera juste la présence de Johnny Depp (qui a cassé le climax du film avec son look ridicule), hein. Sinon, le casting est bien pensé, et on aperçoit une grande variété chez les personnages de second plan, ce qui, il faut bien l'avouer, est assez réjouissant.

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Contrairement aux précédents films qui se déroulaient dans l'univers d'Harry Potter, le scénario des Animaux Fantastiques a réellement été écrit comme un scénario pour le cinéma. Et il n'y a pas à dire, ça se sent. J'ai personnellement trouvé le rythme très bon pour une introduction de saga, mais j'espère que la suite sera un peu plus musclée, ou du moins qu'il y aura moins de longueurs. Elles m'ont semblé toutefois indispensables pour que le film puisse servir ses deux buts : à la fois adapter l'encyclopédie fictive dont elle est tirée, et développer une nouvelle histoire, un préquel à l'histoire que tout le monde connaît. On passe donc de longs moments à découvrir les différentes créatures adoptées par Newt, et pendant quelques minutes, on se croirait carrément dans l'émission "Une saison au Zoo". Ce qui, finalement, sert pas mal à compenser pour une histoire cousue de fils blancs, avec un double-twist final auquel tout spectateur pas trop naïf s'attendait un peu. Mais franchement ? On s'en fout. L'histoire est simple mais plutôt cohérente avec elle-même, elle installe de jolies relations, et surtout, l'ensemble est ponctué de beaucoup, beaucoup d'humour. C'est de l'humour de situation, très grand public, mais avec moi ça a pris immédiatement, et je pense que petits ou grands sont capables d'apprécier chacune de ces scènes drôles particulièrement bien filmées.

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A la fin du film, je me suis posée une question : est-ce qu'il va rester des sujets politiques à traiter pour J.K. Rowling dans ses films suivants ? Parce qu'elle y va fort dès le premier : condition des femmes, immigration, intégrisme religieux, racisme, écologie / préservation des espèces, critique du capitalisme, des médias (et j'en oublie certainement)... ça tire dans tous les sens, et on sent que tous ces sujets lui tenaient vraiment à coeur ! Bon, pour l'observateur averti, ça semblera peut-être un peu trop, mais après avoir pleuré devant le manque de message politique dans Civil War, je suis bien contente de voir que certains blockbusters ont à coeur de faire passer des messages philosophico-politiques, même s'ils ne sont pas super bien argumentés ou un peu gnan-gnan, ça n'engage que moi.

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Finalement, s'il y a deux points sur lequels je suis assez déçue par le film, c'est la BO (un manque d'originalité affligeant) et les effets spéciaux. Parce que bon, les créatures ont beau être mignonnes et plutôt bien faites, leur intégration est absolument monstrueuse. Problèmes de lumière, effets de "je touche/tiens/caresse du vide", problèmes de mise au point... Honnêtement, je ne m'attendais pas à un aussi mauvais niveau de qualité. Et c'est d'autant plus choquant que les effets spéciaux des films Harry Potter étaient quant à eux plutôt bons, voire très bons. La raison ? Un passage malheureux à des effets 100% CGI, alors que la saga précédente avait le bon goût d'utiliser des maquillages et des animatroniques. Pour une raison de budget, probablement. Mais ça me fait mal de réaliser que la scène de Jurassic Park (1990) avec le tricératops malade, est plus émouvante et réaliste que celle où Newt relâche son oiseau-tonnerre, alors qu'on assiste dans les deux cas à un gros plan sur une main qui caresse un animal. On aurait pu penser que 26 années d'écart auraient, au pire, amélioré les choses. Surtout que ce n'est pas comme si le budget était 3 fois plus important pour le film de 2016. Bref, pas seulement déception, mais grosse colère de ce côté, surtout après avoir vu le travail impeccable effectué sur la précédente octalogie ou simplement sur Doctor Strange, sorti moins d'un mois avant (et pour le coup, complètement en CGI aussi).

Bref, il ne faut pas s'y tromper : je reconnais sans problème les défauts du film, mais j'ai passé un très bon moment devant. J'y ai retrouvé tout ce que j'aimais chez J. K. Rowling, j'ai vu des créatures mignonnes, j'ai plongé avec délice dans l'univers, j'ai beaucoup ri, et j'ai vraiment hâte de voir la suite. Tout ce que je voulais. C'était un peu Noël, quoi. Surtout que pour un peu, je me serai prise à rêver d'un Pokémon Go version Animaux Fantastiques...

4e
On vous le conseille fortement !