mardi 10 septembre 2013

La série des White Trash Zombie, de Diana Rowland

white trash zombie

Croyez-le ou non, mais les livres dont je vais vous parler n'évoquent aucune apocalypse zombie. Fait plutôt rare dans la production actuelle, on n'assiste pas à la lutte de quelques survivants contre l'implacable et effrayante masse zombie. Bien au contraire : pour l'héroïne de ces romans, devenir un zombie a été la chance de sa vie.
"My Life as a White Trash Zombie" nous conte une histoire inhabituelle, assez grand public mais malgré tout teintée d'une critique sociale acerbe qui sied parfaitement à la figure mythique du zombie.

Présentation d'une série qu'on rêve déjà de voir devenir best-seller.

L'auteur

Avant de devenir romancière, Diana Rowland a fait des études supérieures de maths et collectionné des métiers tels que policier, assistante dans une morgue ou encore croupière... Avec un tel paquet d'expériences, elle a réussi a développer une grande capacité d'analyse de la psychologie des gens qui l'entourent. Aux Etats-Unis (et un peu moins en France), elle est surtout connue pour une saga de romans mettant en scène Kara Gillian, détective et invocatrice de démons. Mais ce n'est pas de cette saga dont je vais vous parler.

 

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Vue subjective

En 2011, durant la préparation de l'Invasion Zombie (un événement sur le thème des zombies organisé par l'association), j'ai avalé une quantité astronomique de livres sur les zombies. J'ai eu le droit à tout : du post-apo, de la parodie, du romantique, du pseudo-médical, etc. Du coup, "My Life as a White Trash Zombie" m'a particulièrement marqué par son ton assez innovant. Tout d'abord, le roman est écrit à la première personne. Or, les lecteurs qui me connaissent un peu savent que je crache assez facilement sur l'écriture subjective, qui repose aujourd'hui trop souvent sur l'incapacité des auteurs à proposer une narration à la troisième personne digne de ce nom. Cette fois-ci, pas question de critiquer ce choix particulièrement judicieux : née dans une famille de "white trash" bien craignos, incapable de réussir à l'école, Angel est un de ces "déchets" de la société américaine, une gamine complètement abandonnée par les siens autant que par le système. Son langage cru, ses réflexions brutes de décoffrage et son comportement erratique paraissent encore plus réalistes dans la bouche du personnage.

Vis ma vie de zombie / cas social

Car ce n'est pas seulement une histoire de zombies. C'est l'histoire d'une nana a qui on offre une seconde chance et qui va faire preuve pour la première fois de sa vie d'une ténacité qui lui faisait jusqu'ici entièrement défaut. C'est l'histoire d'une ratée, d'un être humain pour lequel ses semblables n'ont aucune considération, qui va décider soudainement de leur prouver qu'elle vaut autant qu'eux. Diana Rowland décrit avec beaucoup de finesse et sans aucun manichéisme la psychologie de son personnage et l'évolution violente qu'elle va subir. La réflexion sociale qui est menée ici est véritablement digne d'intérêt. Les bons petits bourgeois bien éduqués que nous sommes (faut assumer, hein : face à Angel, on a tous l'air d'aristocrates) se prennent à considérer les choses du point de vue du "déchet humain" pour lequel, en temps ordinaire, nous n'aurions eu qu'une once de compassion temporaire...

L'histoire

Tout commence réellement pour Angel le jour où, sur le point de mourir, elle est mystérieusement sauvée par un individu qui a l'air d'être déterminé à la voir s'en sortir. Une sorte d'ange gardien un peu flippant qui lui file des smoothies au cerveau à boire et lui obtient un poste peu ragoûtant dans une morgue. Habituée aux échecs, l'héroïne ne se fait pas beaucoup d'illusions sur ses capacités à saisir la chance qu'on lui offre : en probation, droguée, incapable de garder un emploi, elle refuse de se battre jusqu'au moment de découvrir l'horrible vérité. Angel est devenue un zombie, elle ne peut conserver une apparence humaine vivante ainsi que sa santé mentale qu'en dévorant des cerveaux. Garder son travail n'est donc plus un simple défi, c'est quasiment une question de vie ou de mort.

Bien entendu, son travail l'amènera à participer à de nombreuses enquêtes et ainsi à se rendre compte que le petit monde des humains est peut-être bien plus lié aux zombies qu'elle ne l'aurait soupçonné...

Du niveau

Bien entendu, il y a quelques légères maladresses, mais les trois livres déjà publiés sont brillants. L'auteur parvient à nous garder en haleine tout au long de chaque récit, trouvant un nouveau ressort scénaristique efficace à chaque livre (et annonçant encore de belles aventures à venir). Les trois ouvrages sont au même niveau -avec une petite préférence personnelle pour le premier, plus gore. Les personnages secondaires ne sont pas laissés de côté, les scènes d'action sont parfaitement racontées. Diana Rowland est réellement douée, et si vous craquez pour le premier tome, vous ne résisterez pas aux suivants. Pas encore traduite en France, la saga (qui comptera au moins 6 tomes) n'est pas des plus évidentes à lire si vous n'êtes pas bilingue, car le langage peu châtié d'Angel est plutôt inhabituel. Toutefois, si on s'accroche un peu, on se retrouve à dévorer les livres comme autant d'alléchants petits morceaux de cerveau. Miam.

En bref

My Life as a White Trash Zombie est un énorme coup de coeur, et chaque nouveau tome que je lis confirme cette première impression. On est proche de la littérature vampirique récente, mais une version bien plus trash, plus gore, ou les problématiques vont bien au-delà de l'immortalité. Survivre en buvant du sang, c'est un truc de tapette si on compare à la faim de cerveaux des zombies de Rowland. On pourra remarquer quelques similitudes avec la série de livres True Blood/Southern Vampire Mysteries mais aussi des références variées. En somme, c'est de la bit lit, mais plutôt le haut du panier. Si vous aviez besoin d'un dernier argument pour vous y mettre, sachez qu'ils sont faciles à trouver, très peu chers et que ces éditions sont très légères.

Les couvertures

Je suis persuadée que la qualité des couvertures a contribué au succès de la saga !
Voyez plutôt :

> My life as a white trash zombie (T1)
Juillet 2011

white-trash-zombie-1

> Even white trash zombies get the blues (T2)
Juillet 2012

white-trash-zombie2

> White trash zombie apocalypse (T3)
Juillet 2013

White-Trash-Zombie-3

 

Plus d'informations :

> Lire des extraits des livres

> La bio de Diana Rowland

> L'illustrateur Dan dos Santos nous parle des couvertures

 

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