Réservé à une forme d'élite dans les premiers temps de sa création, le jeu vidéo s'est petit à petit démocratisé. En 2010, on peut même admettre que la décennie qui vient de se finir a ouvert les portes du "jeu vidéo pour tous". Plus seulement destiné aux riches possesseurs de consoles, aux adolescents ou aux jeunes adultes adeptes des salles d'arcades, le JV touche aussi bien votre grand-père que votre petite sœur.

WiiFitGirlLa révolution du jeu casual -j'entends par là : occasionnel, facile à jouer, et rentable pour l'éditeur- est en partie une réussite de Nintendo. En cassant les prix console et cartouche avec ses portables (la Game Boy et ses déclinaisons, puis la DS), et en proposant une console next gen aux commandes actives, la firme japonaise innove. Et surtout, brise définitivement le mythe des trois "i" du jeu vidéo (inutile, immobile, infantile). Désormais, maman fait du yoga avec sa balance board, papa résout des puzzles game sur la DS, papi lit ses livres sur la DSXL, et votre petite soeur vous casse les oreilles avec Hannah Montana sur Wii. Si ce développement du jeu vidéo casual désole les gamers, l'accessibilité des jeux les rends moins inquiétants, et a permis au marché du JV de surmonter les crises avec brio.

Pourtant, le casual gaming s'est récemment fait dépasser au "jeu du plus nul" par un nouveau support qui, aussi surprenant soit-il, semble prendre son essor. Ceux qui utilisent les réseaux sociaux tels que Facebook ou le micro-blogging à la Twitter savent de quoi je parle. Il est temps que les autres partagent notre désarrois !

Un nouveau venu dans le monde des jeux

MeuporgLes jeux qui utilisent notre navigateur comme console existent depuis longtemps. Les gamers connaissent bien les MMORPG en php, souvent proposés par des amateurs, comme Idéo, Stargate Project ou Atlantis Ultima. Les MMO via navigateur se sont développés en même temps que les mini-jeux en flash. Ils sont légions, et il n'est pas rare de voir débarquer des "défis" de tel shoot'em up ou tel jeu de plateforme sur les réseaux sociaux. Les gamers que vous êtes en sont ravis : c'est l'occasion de jouer tout en se la pétant auprès de ses "amis". Mais désormais, c'est un nouveau type de jeu, plus pervers, plus casual encore que le casual gaming qui s'étend comme une pieuvre entre les membres de votre réseau. Le SOCIAL GAMING.

C'est quoi, le social gaming ?

Le principe du Social Gaming repose sur des jeux aux mécanismes simples, grâce auxquels vous pouvez interagir avec les autres membres de votre réseau social. Du simple quiz au jeu de gestion en passant par l'élevage, vos activités vidéoludiques prennent une nouvelle ampleur, à mi-chemin entre le MMO et le jeu en coop.

Contrairement au MMO, il ne suppose pas que vous allez rencontrer des gens sur un jeu (QUOI ? C'est pas à ça que servent les jeux ???) mais que vous allez jouer avec ceux que vous connaissez. Qui vont jouer avec les gens qu'ils connaissent. Qui eux-mêmes...

Riches comme un perso qui a vaincu le boss final

billets_argentPlus de 14 000 titres de social gaming (SG) sont disponibles, EA, l'un des leaders du secteur des jeux vidéo a même racheté Playfish, la compagnie auteur du très joué Pet Society, pour la coquette somme de 300 millions de dollar. Forcément, avec son effet boule de neige, sa facilité à s'incruster dans les conversations Facebook ou Twitter, le SG c'est la poule aux oeufs d'or ! On se fait des sous via les micro-transactions, et la pub, bien sûr.

Alors vous me direz, pourquoi cet article ? C'est vrai, après tout, si les gens normaux se mettent à jouer, que ça rapporte des sous aux éditeurs, il y a de l'espoir...

La casual attitude

bbislandContrairement aux VRAIS jeux vidéo, qui demandent des mois, des années de développement, et dont la prise en main n'est pas toujours rapide, les SG sont SIMPLES. Le summum du casual. Ils prennent 2 secondes par jour, sont extrêmement simplistes et il faut bien l'avouer, stupides. Ils ne demandent strictement aucun investissement, ni mental, ni financier. Et pour cause, ils sont programmés à l'arrache, pompant tout sur des gameplays existants. Bref, c'est du jeu bas de gamme.

Oui. Pire que la Wii. La plupart du temps, ce type de jeux était monojoueur, ou avec un vague classement en arrière plan qui le rendait ponctuellement intéressant. Ici, chacun joue à son tour, ses amis relancent des défis, et la période finale de jeu peut être très longue.

L'avis des joueurs

petParmi les joueurs, on trouve de tout. Des publics jeunes et naturellement attirés par les jeux aux plus âgés qui s'amusent à répondre à des défis, et mêmes des hardcore gamers, qui, s'ils ont cédé aux sirènes du réseau social, ne peuvent rester de marbre face à cette déferlante de défis.

Quelques-uns sont déjà des habitués des jeux casual tels que Prizee, ou les créations de Motion Twin du genre La Brute. D'autres débutent, et s'arrêtent là. Laissons parler les joueurs...


Quelles raisons les poussent à jouer ?

Voilà ce que j'ai demandé aux joueurs de ma connaissance, et leurs réponses, en vrac :

"C'est juste pour le fun"

"En fait, ça me déstresse et ça passe le temps"

"J'ai arrêté quand j'ai réussi a devenir meilleur que tous mes amis"

"Je trouve ces jeux sympa"

"J'aime bien le principe et les graphismes"

"Ces jeux sont plutôt variés, et on peut se défier entre amis, par contre les graphismes sont enfantins"


Combien de temps y passent-ils ?

"C'est dur à dire, je le fais en même temps que le reste"

"Environ deux heures par jour"

"Au moins une heure, une heure et demie au total"

"Je ne sais pas, je joue quand je m'ennuie"


Un jeu, deux jeux, quarante-deux ?

"3 sur mon compte Facebook... Et 3 sur le compte Facebook de mon chat !"

"Aucune idée"

"Juste un, parce c'était un délire avec une amie"

"Quelques uns, ça dépend des jours"


Comment on commence à jouer ?

"Soit une invitation d'ami, soit j'ai cliqué sur une publication de quelqu'un"

"En cliquant sur une pub"

"J'ai répondu à un défi d'ami"


Est-ce que ça pousse à inviter des amis à jouer ?

"Des tas d'amis de mon chat y jouent, j'ai du ajouter des gens pour avancer plus vite"

"Le fait de devoir inviter trop d'amis ne me plait pas"



Finalement, le social gaming, rien de nouveau ?

Ce sont des jeux aux gameplays basiques, aux graphismes simples et colorés, et qui comptent sur l'addiction et la présence d'un réseau social pour se développer. Rien de bien nouveau sous le soleil de Facebook, en somme.

Et vous, connaissez vous le social gaming ?

Qu'en pensez-vous ?


Pour la réalisation de ce dossier, merci à : Nadir, Céline, Audrey et Déborah, Vivien, et ceux dont le témoignage n'aurait pas laissé de trace physique ou électronique, mais uniquement synaptique.


Pour aller plus loin :

IG Magazine # 06 évoque ce phénomène de fin de décennie

socialgamingnews.fr : un site sur l'actualité du social gaming

Le blog de Fred Cavazza qui s'est attaqué au sujet dans divers articles