Les geeks sont partout, voilà un fait maintenant bien connu. Mais n'oubliez pas que parmi les innombrables déclinaisons de la culture geek, la science tient une place de choix. D'ailleurs, de nombreux scientifiques reconnus sont des membres plus ou moins avoués de notre joyeuse communauté, sans nécessairement être des Sheldon Cooper en puissance... Mais souvent, on retrouve dans les travaux de ces "homo geekus scientificus" des allusions plus ou moins poussés aux univers faisant partie intégrante de la culture geek moderne. En particulier, les chimistes, qui sont en droit de trouver des appellations pour leurs nouvelles molécules... et se trouvent parfois singulièrement inspirés.
Aujourd'hui, il est temps de vous prouver que tous ces savants un peu fous qui mélangent des produits puants dont le nom officiel remplirait à lui seul une grille de scrabble savent parfois conserver leur sens de l'humour; découvrez quelques unes des molécules les plus geek jamais découvertes!

NB: Attention, cet article contient des délires scientifiques parfois assez ardus, avoir un onglet wikipédia ouvert est vivement recommandé à celles et ceux n'ayant pas suivi de formation scientifique post-bac, ou qui ne sont pas des nerds de la science... J'ajoute que les références à des publications scientifiques sont là par conscience professionelle, voir à la fin le site m'ayant inspiré l'article, et fait découvrir ces molécules.
Je décline toute responsabilité en cas de migraines.

PikachuPpikachurinLa Pikachurine: Découverte en 2008 par une équipe de neuroscientifiques japonais, cette protéine (molécule ayant une fonction biologique, pour ceux qui auraient tout oublié de leurs cours de SVT) agit au niveau de la formation des terminaisons nerveuses des photorécepteurs de l'oeil. Elle permet ainsi au cerveau de capter très rapidement les signaux visuels, particulièrement ceux en mouvement. Le nom vient de la comparaison de l'action de cette molécule avec les "mouvements foudroyants et effets électriques secouants " de la célébrissime mascotte des jeux pokémon.
refs: Wikipédia; Sato S, Omori Y, Katoh K, Kondo M, Kanagawa M, Miyata K, Funabiki K, Koyasu T, Kajimura N, Miyoshi T, Sawai H, Kobayashi K, Tani A, Toda T, Usukura J, Tano Y, Fujikado T, Furukawa T (August 2008). "Pikachurin, a dystroglycan ligand, is essential for photoreceptor ribbon synapse formation". Nat. Neurosci. 11 (8): 923–31.

sonichedgehogSonic1Sonic Hedgehog: Encore un délire de généticien... Cette protéine joue un rôle dans le dévellopement de l'embryon, en contrôlant par exemple la croissance des doigts ou l'organisation du cerveau. Les généticiens ont tout d'abord identifié le gène responsable chez la mouche, comme d'habitude. Et comme les mouches ayant subi une mutation de ce gène présentaient des "épines" sur tout le corps, il fut nommé "hedgehog". La version de la protéine fonctionnant chez les vertébrés fut nommée Sonic hedgehog, afin de la différencier de son équivalent chez les insectes. Plus tard, une protéine annulant l'effet de la précédente fut découverte... et nommée Robotnikine, en référence au Dr Robotnik, ennemi juré du hérisson bleu de Sega.

tiefighterTie Fighter: Et oui, il existe bel et bien une molécule ayant la forme des chasseurs de l'Empire dans la trilogie Star Wars. Elle pourrait servir à récolter la lumiere dans des applications photoélectriques, mais sa forme dissuade peut être les chercheurs de trop s'y intéresser (la peur du côté obscur, sans doute).
ref: F. D'Souza, S. Gadde, M.E. El-Khouly, M.E. Zandler, Y. Araki and O. Ito, J. Porphyrins & Phthalocyanines, 9, (2005) 698, "A supramolecular Star Wars Tie Fighter Ship: electron transfer in a self-assembled triad composed of two zinc naphthalocyanines and a fullerene."


dnaorigamiL'origami ADN
: Là encore, seuls des geeks peuvent penser à réaliser des choses aussi délirantes en partant d'expriences qui paraissent plus que rébarbatives au commun des mortels. Il est en effet possible de réaliser des formes en joignant deux brins d'ADN, et forcément, il y a là une occasion de se montrer créatif... Plus sérieusement, la possibilité de créer des formes aussi précises peut s'avérer utile dans le dévellopement de nanotechnologies.
ref: P.W. Rothemund, Nature 440 (2006) 297. 

Vu sur une véritable classification périodique:
kryptonpt

allez, deux dernières pour la route, un peu moins geek, mais incontournables:

moleculesdoingit

Une réaction bénie par Travia!

nanoballet
Le Nanoputien vous salue!

Special thanks à Paul W. May, de l'université de Bristol, et surtout à son site Molecules with silly or unusual names, qui référence toutes les molécules citées ici ainsi que leurs références, et dont cet article n'est qu'un simple best-of.
Merçi aussi à Wikipédia, et évidemment aux scientifiques ayant travaillé à l'origine sur ces molécules.