19060210Parce que je vous ai présenté le roman graphique Watchmen il y a quelques mois, je ne pouvais pas ne pas vous parler de son adaptation cinématographique sortie il y a deux semaines. Quoi qu'il en soit, je vous conseille d'abord, avant d'avoir lu cette critique ou vu le film, d'acheter le comic : autrement, vous risquez de vous gâcher le suspens.
Vous êtes prévenus.

Un film-puzzle

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Pour adapter « l'inadaptable » roman graphique Watchmen, Zack Snyder a avant tout cherché à reconstituer le puzzle scénaristique laissé par Alan Moore. Pour rappel, le comic book était constitué de plusieurs chapitres focalisés sur les différents personnages, et les histoires s'imbriquaient les unes dans les autres pour rejoindre la trame principale. Il fallait donc se saisir de ch19002152aque pièce et n'en oublier aucune, sous peine de décevoir les fans.

Tout ce que je peux vous dire sans trop en dévoiler, c'est que la mission est accomplie. Les quelques scènes non portées à l'écran sont toutes évoquées. Seule manque l'histoire dans l'histoire, Tales of The Black Freighter, qui sera pourtant disponible dans la future édition DVD.

La surprise, finalement, vient de la fin, très différente de celle du roman graphique : elle possède tout de même un certain charme, et ne dévoile pas la totalité du roman à ceux qui ne l'auraient pas lu.

 

Des images coup de poing

 

Après avoir pris l'une des plus grosses claques visuelles de ma vie devant Slumdog Millionnaire, j'avais de grandes chances de trouver Watchmen fade et sans intérêt. Il faut dire qu'il a surpris tous les critiques en s'affirmant comme un blockbuster de super-héros comportant peu de scènes de combat.

En réalité, Watchmen possède une ambiance graphique impeccable, des effets spéciaux très réussis et des combats certes 18914793peu nombreux mais remarquablement chorégraphiés. On se trouve dans un autre monde, et les amateurs de la BD reconnaîtront sans mal l'univers dessiné par Gibbons. Les plans de caméra singent les cases de BD, et la ressemblance avec l'oeuvre originale frappe. Les décors s'avèrent absolument remarquables, et sembleront familiers aux lecteurs. Tout a été soigneusement travaillé pour rendre intégralement l'ambiance du livre. Les dominantes de violet et jaune, associées à une photographie de qualité, rendent l'irréel des planches de BD presque palpable.

 

Cachés derrière les masques

 

19052146Peu convaincue des ressemblances ou du jeu des acteurs en voyant la bande annonce, j'avais peur que leur mauvaise prestation ne soit cachée sous un joli masque et un paquet d'effets spéciaux. Heureusement, ma première impression n'a pas été confirmée. Tous les acteurs se montrent à la hauteur de leurs personnages, bluffants de ressemblance avec leurs homologues de papier. Le Dr Manhattan, malgré son côté un peu trop « effets spéciaux », est animé et joué avec assez de talent pour paraître à la fois humain et inhumain. Malin Ackerman fait un superbe Spectre Soyeux, bien moins ridicule que sur les affiches. On est amené à se demander ce qui, des effets spéciaux qui animent le masque de Rorschach ou du jeu du comédien Jackie Earle Haley, est le plus réussi. Question maquillage, c'est la 18964680mère du Spectre Soyeux qui connait la transformation la plus impressionnante. Le Hiboux et le Comédien quant à eux donnent littéralement corps aux personnages, avec un petit je-ne-sais-quoi de Batman pour le premier. Seul bémol : bien qu'Ozymandias soit très bien interprété, l'acteur correspond, à mon goût, plutôt mal à l'image qu'on s'en fait dans les cases du comic.

 

La BO de la guerre froide

18972155Je tiens à vous parler de la BO de Watchmen, le petit plaisir supplémentaire qui ajoute du charme au film. Car s'il tient 2h43 avec peu d'action sans qu'on ne s'ennuie une seule fois, c'est en partie grâce à un fond sonore bien choisi. Le film commence en douceur avec un générique de début retraçant l'histoire des Minutemen sur « Times they are a-changing » de Bob Dylan. Une chanson qui colle particulièrement au scénario, et à l'époque. S'ensuit une alternance de tempo et de genre musical. Simon and Garfunkel,  Jimi Hendrix, et même une référence à Apocalypse Now avec la Chevauchée des Walkyries. Le film traversant différentes époques, la BO fait de même, et on se prend à sourire de certains titres. Tous, ou presque, en partant de la chanson de Dylan, font référence au comic. Tyler Bates, celui qui avait également travaillé avec Zack Snyder sur l'Armée des morts et 300, compose le reste d'une BO particulièrement énergique.

Au final

18972157Même si les lecteurs comprendront le refus d'Alan Moore de cautionner l'adaptation de son oeuvre majeure, ils seront tout de même séduits par le travail titanesque de Zack Snyder. Celui-ci a fait preuve d'un sens artistique hors du commun qui fait de Watchmen - le film, un petit bijou comme on en a rarement vu dans le cadre d'adaptation de comic. Ultra-réaliste et en même temps recréant un univers visuel imaginaire, il nous plonge dans un monde à part.

Vous qui n'avez pas lu le Watchmen original, vous risquez de rester sur votre faim. Pourtant, la psychologie très fouillée des personnages et le message qui fait passer ce film pourraient bien changer l'avis qu'on la plupart des gens sur les films de super-héros...

5e Vous ne pouvez pas ne pas le voir !

La bande annonce

Watchmen : le comic-book